Téhéran exhorte la Bulgarie à revoir l’accueil d’avions américains
L’Iran presse la Bulgarie de revenir sur l’accueil temporaire d’avions militaires américains, dénonçant un soutien à des opérations hostiles contre Téhéran.
L'essentiel
AILe ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exhorté la Bulgarie à reconsidérer sa décision d’autoriser le déploiement temporaire d’avions militaires américains sur la base aérienne de Bezmer, ont rapporté jeudi les médias officiels iraniens.
Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue bulgare, Vessislava Petrova-Tchamova, Araghchi a estimé que l’accord de Sofia pour stationner des avions américains en soutien à des opérations militaires constituait une facilitation d’attaques contre l’Iran. Il a jugé cette mesure inacceptable et contraire aux relations amicales entre les deux pays.
Dans le même temps, Téhéran a à plusieurs reprises mis en garde les pays autorisant l’utilisation de leur territoire pour des opérations militaires américaines contre l’Iran, les avertissant de possibles conséquences.
Araghchi s’est également entretenu séparément avec le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, soulignant l’importance de ne pas utiliser de bases militaires étrangères à Chypre pour mener des opérations contre l’Iran.
Pour rappel, le Parlement bulgare a approuvé la semaine dernière le déploiement temporaire de jusqu’à huit avions ravitailleurs américains KC-135 et de 250 militaires sur la base de Bezmer, malgré les objections de l’Iran. La Bulgarie a assuré qu’aucune arme offensive ne serait déployée et que cette décision ne faisait pas d’elle une partie prenante aux opérations militaires.
Par ailleurs, Chypre accueille deux bases militaires britanniques à statut souverain, dont la base d’Akrotiri de la Royal Air Force, qui a été visée par une attaque de drone iranien début mars, après le début des frappes israéliennes et américaines contre l’Iran.
Au début du conflit, le Royaume-Uni avait accepté une demande américaine d’utiliser ses bases pour mener des frappes défensives contre des missiles iraniens, mais Londres a ensuite précisé que la base d’Akrotiri ne serait pas concernée par cet accord de défense avec Washington. Ce dispositif a été maintenu en juillet à l’arrivée du nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, ce qui a conduit les Gardiens de la révolution iraniens à mettre en garde Londres contre toute facilitation d’opérations militaires américaines visant l’Iran.
