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Monde

Washington cible les réseaux financiers iraniens, du dollar aux cryptomonnaies

Les États-Unis sanctionnent des plateformes d’actifs numériques et des sociétés accusées de blanchiment au profit du régime iranien et des Gardiens de la révolution.

AJEL Françaisil y a 55 min · 3 min de lecture
Siège du Trésor américain, drapeau et logo OFAC visibles

L'essentiel

AI

Le département du Trésor américain, via l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), a annoncé des mesures contre des plateformes d’échange d’actifs numériques et des réseaux d’entreprises accusés de blanchiment d’argent au profit du régime iranien et des Gardiens de la révolution, dans le cadre de la campagne de Washington visant à tarir les sources de financement utilisées par Téhéran pour contourner les sanctions.

Selon le Trésor, ces mesures visent deux principales plateformes d’actifs numériques utilisées par des entités iraniennes, ainsi qu’un responsable d’un réseau de sociétés écrans opérant dans plusieurs pays, accusé de faciliter des activités liées aux cryptomonnaies et à l’évasion des sanctions.

Accusations américaines d’utilisation des cryptomonnaies pour contourner les sanctions

Le Trésor américain précise que des entités iraniennes ont eu recours à des plateformes non agréées ou faiblement régulées pour transférer d’importantes quantités d’actifs numériques, via des réseaux commerciaux complexes et des sites de paris en ligne, afin de dissimuler l’origine des fonds et de blanchir des revenus illicites.

Selon l’évaluation américaine, ces opérations ont bénéficié aux Gardiens de la révolution et à des individus liés au régime iranien.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que la dépendance de l’Iran aux actifs numériques et aux réseaux bancaires informels illustre, selon lui, l’efficacité persistante de la politique de pression économique.

Bessent a ajouté : « Que les fonds soient en dollar, en riyal ou en cryptomonnaie, le Trésor poursuivra et démantèlera les réseaux financiers illicites qui soutiennent le régime iranien ».

Sanctions contre des plateformes et sociétés liées à l’Iran

Les mesures américaines visent la plateforme Shelbit Exchange et ses sociétés affiliées, ainsi que la plateforme iranienne Aban Tether, que le Trésor accuse d’avoir traité des transactions financières avec des plateformes iraniennes déjà sanctionnées.

Les sanctions visent également Siavash Kianpour, accusé par Washington de diriger un réseau multinational de sociétés soutenant des activités numériques illicites liées à l’Iran.

D’après le Trésor, des adresses numériques liées aux Gardiens de la révolution ont utilisé Shelbit Exchange pour transférer plus d’un million de dollars d’actifs numériques, tandis que des millions de dollars ont circulé entre des adresses associées à la plateforme et d’autres liées aux Gardiens de la révolution.

Prime américaine de 15 millions de dollars pour révéler le financement des Gardiens de la révolution

Parallèlement aux sanctions, le département d’État américain a annoncé, via le programme « Récompenses pour la justice », une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information permettant de perturber les mécanismes financiers liés aux Gardiens de la révolution et à leurs branches.

Washington précise que l’objectif est d’obtenir des informations permettant d’identifier les réseaux de financement et les intermédiaires qui facilitent les transferts de fonds ou le contournement des sanctions.

Gel des avoirs et avertissements contre les entités visées

L’OFAC a confirmé que tous les biens des personnes et entités sanctionnées présents aux États-Unis ou sous contrôle américain seront gelés, et que toute transaction avec elles est interdite sans autorisation.

Washington a mis en garde les institutions financières et les particuliers contre les risques de traiter avec les entités visées, rappelant que toute violation des sanctions peut entraîner des sanctions civiles ou pénales.

Ces mesures s’inscrivent dans une politique américaine plus large ciblant les réseaux de financement iraniens, avec un accent particulier sur les flux d’argent numériques et les intermédiaires que Washington accuse d’aider les entités sanctionnées à accéder au système financier mondial.

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