Washington prépare des frappes de 14 jours contre l’Iran
Les États-Unis planifient une campagne militaire de 10 à 14 jours visant les capacités balistiques iraniennes, sous la supervision de l’amiral Brad Cooper.
L'essentiel
AILes États-Unis se préparent à une campagne militaire visant à neutraliser la capacité balistique de l’Iran, après la promesse du président Donald Trump de « lui infliger une leçon sévère ».
Le quotidien britannique The Telegraph révèle que l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (Centcom), a élaboré des plans pour des frappes militaires d’une durée de 10 à 14 jours, afin d’éliminer la menace persistante de Téhéran, alors que les échanges de frappes se poursuivent au Moyen-Orient.
Au cours de la nuit, les forces américaines ont mené une série de frappes contre des dizaines de sites du Corps des gardiens de la révolution iranienne, dont des centres de commandement militaire. Le Commandement central américain a qualifié ces frappes de « réponse forte » à une attaque surprise de Téhéran contre des bases américaines en Jordanie. Selon l’agence officielle iranienne Irna, trois personnes ont été tuées sur l’île de Qeshm dans le détroit d’Ormuz, et des zones de la province du Khouzistan, dont Abadan, Shadegan, Arvandkenar et Ahvaz, ont été bombardées.
Les Gardiens de la révolution ont averti qu’ils « puniraient l’agresseur », tandis que la Jordanie a annoncé avoir abattu cinq missiles iraniens supplémentaires jeudi matin. Le Wall Street Journal indique que la campagne militaire américaine est préparée sous la supervision de l’amiral Cooper depuis le quartier général de Tampa, en Floride, malgré des alertes sur la diminution des stocks américains de munitions de défense aérienne.
Le général Dan Kain, chef d’état-major interarmées américain, a exprimé ses inquiétudes concernant la baisse du stock de missiles intercepteurs Patriot, les États-Unis ayant consommé environ les deux tiers de leur réserve depuis le début de la guerre le 28 février, passant de 2 330 à environ 759 missiles. Le Centre d’études stratégiques et internationales a averti que la poursuite du conflit mettrait à l’épreuve la préparation de l’armée américaine et affecterait ses capacités dans d’autres régions, comme l’ouest du Pacifique.
Des critiques ont exprimé leurs craintes que la nouvelle campagne aérienne n’entraîne un engagement accru de Washington dans le conflit et n’augmente les risques pour les soldats américains. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que Trump était dans « un état d’esprit belliqueux », tout en continuant d’évaluer l’ampleur de la riposte. Le plan de Cooper vise à intensifier rapidement la guerre, dépassant les frappes de représailles limitées, afin d’affaiblir la capacité de l’Iran à mener des attaques et de réduire la dépendance de Washington à l’égard des munitions de défense aérienne.
Selon des rapports, Trump serait « extrêmement frustré » par les désaccords entre hauts responsables sur la stratégie de guerre, et la chaîne NBC News rapporte que le président a explosé de colère lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale à ce sujet. Axios indique que le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le vice-président américain J.D. Vance ont eu une discussion « franche » à la Maison Blanche, sur fond de tensions entre les deux parties.
L’Iran a démontré ses capacités balistiques lors de récentes attaques, dont une offensive surprise en Jordanie qui a coûté la vie à trois soldats américains. L’Arabie saoudite a publiquement rejoint la guerre lors d’une opération conjointe avec les États-Unis contre des milices irakiennes, après des attaques qualifiées par Riyad de « milices terroristes pro-iraniennes » contre ses installations pétrolières. L’armée américaine a annoncé que les frappes visaient des sites logistiques et des dépôts d’armes du Hachd al-Chaabi, faisant au moins 20 morts parmi ses membres.
Bien que l’Iran ait nié toute responsabilité dans les attaques du Hachd al-Chaabi contre les installations pétrolières saoudiennes, le quotidien iranien Hamshahri rapporte la mort de quatre conseillers des Gardiens de la révolution lors des frappes. L’Irak a condamné les frappes américano-saoudiennes, affirmant rejeter toute forme d’agression, et le Conseil de sécurité nationale irakien a annoncé son intention de répondre à toute violation de la souveraineté du pays. Fox News rapporte que Trump a confirmé la coordination des frappes avec le gouvernement irakien.
Dans un autre développement, un méthanier américain et un cargo grec ont été attaqués par des drones dans le port de Damiette, en Égypte. Selon le New York Times, des sources sécuritaires estiment que les drones auraient été lancés depuis l’Iran, démontrant sa capacité à mener des attaques à longue portée dans la région.
