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Monde

L’Italie suspend Schengen avec l’Espagne après la crise migratoire à Ceuta

L’Italie a suspendu l’accord de Schengen avec l’Espagne après l’arrivée massive de migrants à Ceuta, provoquant des tensions au sein de l’UE.

AJEL Françaisil y a 42 min · 3 min de lecture
Migrants à Ceuta, forces de sécurité espagnoles et militaires déployés

L'essentiel

AI

L’Italie a annoncé la suspension de l’application de l’accord de Schengen avec l’Espagne, en réaction à la crise migratoire survenue hier à Ceuta, selon la chaîne Al-Arabiya.

Plus tôt, la Première ministre italienne Giorgia Meloni avait appelé à suspendre la participation de l’Espagne à l’espace Schengen après l’entrée de centaines de migrants en situation irrégulière, affirmant sur la plateforme X que son gouvernement se préparait à prendre des mesures exceptionnelles, dont la suspension de l’accord Schengen avec l’Espagne.

Meloni a qualifié d’« choquantes » les images des migrants arrivant à Ceuta, soulignant que nombre d’entre eux, y compris des enfants, avaient dû nager pour atteindre la ville.

Elle a ajouté que la décision du gouvernement espagnol d’accorder la nationalité espagnole, et donc européenne, à plus de 500 000 migrants en situation irrégulière constituait « une grave erreur », estimant que cela encourageait le trafic d’êtres humains.

De son côté, le vice-président du Conseil italien et dirigeant du parti d’extrême droite La Ligue, Matteo Salvini, a également appelé à suspendre Schengen et à défendre les frontières de l’Europe.

La Finlande a également soutenu, selon le quotidien espagnol AS, la demande italienne d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen à la suite de la crise de Ceuta.

L’Espagne a déployé des mesures sécuritaires et militaires pour contenir la crise migratoire à Ceuta, après une vague de franchissements massifs sans précédent qui a conduit les autorités à mobiliser l’armée en appui aux forces de sécurité, tandis que la crise a eu des répercussions dans plusieurs pays de l’Union européenne, sur fond de débat croissant sur l’avenir de Schengen.

Selon les estimations du ministère espagnol de l’Intérieur, environ 49 000 migrants sont entrés à Ceuta en 24 heures, lors de l’une des plus importantes vagues de passage jamais enregistrées dans cette ville du nord du Maroc, qui constitue l’un des principaux points de passage terrestre entre l’Afrique et l’Union européenne.

Les autorités espagnoles ont précisé que le déploiement de l’armée visait à soutenir la police et la garde civile, après que le nombre d’arrivées a dépassé la capacité des services locaux à gérer la situation, tout en assurant que l’application de la loi resterait du ressort des forces de sécurité, selon l’agence Associated Press.

Parallèlement aux mesures sécuritaires, Madrid a renforcé sa coopération avec le Maroc pour limiter les flux migratoires, les territoires marocains constituant le principal point de départ vers Ceuta, qui, avec Melilla, représente l’une des deux principales portes terrestres entre l’Union européenne et l’Afrique.

Pertes humaines et pression humanitaire

La vague de passages a coïncidé avec des victimes lors des tentatives d’entrée dans la ville : des rapports internationaux font état d’au moins 18 migrants morts, dont des cas de noyade et de bousculade, lors des franchissements, tandis que les autorités locales ont dû faire face à une pression croissante en raison de l’afflux massif, selon l’agence Associated Press.

L’arrivée massive de migrants a également posé des défis majeurs à la capacité d’accueil des centres de la ville sur une courte période.

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