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vendredi 7 août 2026 · Riyad
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Monde

Première Assemblée syrienne post-régime : une représentation féminine inédite

Le premier Parlement syrien après la chute du régime compte 22 femmes sur 207 membres, issues de milieux variés, reflétant une volonté d’ouverture.

AJEL Françaisil y a 38 min · 2 min de lecture
Femmes syriennes de divers horizons au Parlement post-régime

L'essentiel

AI

Le premier Parlement syrien formé après la chute de l’ancien régime se distingue par une présence féminine notable, bien que modeste : 22 femmes y siègent sur 207 membres, soit environ 10 %, un chiffre proche du taux de représentation féminine dans la dernière assemblée sous la présidence déchue de Bachar al-Assad en 2024 (9,6 %).

Les élues proviennent d’horizons divers : une actrice renommée, une romancière originaire de Homs, une dirigeante kurde de Hassaké, une ingénieure chrétienne de Lattaquié et une députée voilée, veuve d’un chef de faction islamiste. Cette diversité traduit la volonté des autorités d’afficher une plus grande inclusivité au sein d’une institution clé, après des critiques sur la faible représentation des composantes et l’implication des femmes dans la transition.

L’actrice Rozina Lazkani, 36 ans, originaire de Hama, a été choisie par le président Ahmed Charâa parmi le tiers des membres nommés constitutionnellement. Célèbre pour ses rôles dans les séries "Al-Hayba" et "Les Enfants de Badi’a", elle a reconnu à la télévision avoir été surprise par sa nomination, précisant qu’elle n’était pas une femme politique malgré sa notoriété.

L’universitaire chrétienne Madonna Bachara, 38 ans, professeure d’ingénierie à Lattaquié, a quitté les amphithéâtres pour rejoindre l’Assemblée après sa nomination par Charâa, avant d’être élue deuxième vice-présidente du Parlement. Bachara a souligné que la présence des femmes ne devait pas être purement symbolique, exprimant l’espoir de voir une "révolution législative" répondre aux attentes des Syriens.

La dirigeante kurde Fasla Youssef, 56 ans, a assisté à la première séance en tenue traditionnelle, représentant le Conseil national kurde de Hassaké. Youssef a déclaré qu’elle se sentait responsable de défendre toutes les composantes de la Syrie, tout en mettant l’accent sur les droits des Kurdes et des femmes, dans un contexte d’inquiétude kurde face à l’intégration de l’administration kurde dans les institutions nationales.

La romancière Nour Jandali, 48 ans, députée de Homs, souhaite que le Parlement devienne un espace de dialogue entre Syriens. Auteure de plus de vingt ouvrages et engagée dans le mouvement civil depuis 2011, Jandali affirme vouloir impulser un véritable changement au sein de l’Assemblée.

Autre figure remarquée : Mirvat Toutou, première députée voilée intégrale, originaire d’Idleb, diplômée en commerce et économie, enseignante depuis treize ans. Toutou est la veuve du commandant militaire Osama Namoura (Abou Omar Saraqeb), figure de l’opposition armée. Elle avait été reçue l’an dernier au palais présidentiel par le président Charâa et son épouse lors d’une cérémonie en hommage aux familles de martyrs.

Parmi les membres figure aussi Aïcha al-Dabbas, nommée à la tête du bureau des affaires féminines dès son arrivée à Damas, dont les déclarations sur le rôle des femmes ont suscité un large débat.

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