Netanyahou conditionne tout retrait de Gaza au désarmement total du Hamas
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou refuse tout retrait de Gaza avant le désarmement complet du Hamas et n’a pas validé la proposition américaine.
L'essentiel
AI
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a conditionné tout retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza à l’achèvement du désarmement du Hamas, précisant que son gouvernement n’a pas encore adopté la proposition américaine concernant l’enclave et a renvoyé ses observations à Washington.
Dans une déclaration vidéo, Netanyahou a affirmé que l’État hébreu restait attaché à ce qu’il a qualifié d’« intérêts sécuritaires », insistant sur le fait que l’armée israélienne resterait en place jusqu’au désarmement complet du Hamas.
Il a ajouté que le président américain Donald Trump et son équipe considéraient possible de mener à bien le désarmement du mouvement et de priver Gaza de ses armes, précisant que l’administration américaine avait transmis un projet en ce sens, mais que son gouvernement l’examinait toujours après avoir envoyé ses remarques.
De son côté, le Hamas a demandé des clarifications au « Conseil pour la paix » présidé par Trump, exprimant son « inquiétude » après une déclaration du représentant spécial pour Gaza, Nikolaï Mladenov, à l’issue de sa rencontre avec Netanyahou.
Un responsable du mouvement a déclaré à l’AFP que le communiqué mettait l’accent sur la question du désarmement, sans mentionner les engagements de l’armée israélienne ni les autres points convenus, notamment les aspects humanitaires et la cessation de toutes les attaques contre Gaza.
Un autre responsable du Hamas a indiqué que le mouvement attendait une « réponse claire et officielle » de Mladenov sur ce qui a été convenu et sur sa position face à l’escalade militaire israélienne et aux retards dans la mise en œuvre de l’accord, soulignant que le Hamas restait attaché à la deuxième phase du cessez-le-feu, y compris les clauses relatives à la collecte et au stockage des armes, tout en exigeant d’Israël qu’il respecte ses engagements.
Parallèlement, le Qatar a tenu Israël pour responsable du retard dans la mise en œuvre du plan Trump pour Gaza. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que « la communauté internationale sait clairement qui entrave l’application de l’accord », ajoutant que « l’entière responsabilité incombe à la partie israélienne ».
Al-Ansari a estimé que l’intensification des frappes israéliennes ces derniers jours visait à entraver les solutions pacifiques au conflit.
Le « Conseil pour la paix » a annoncé, après une réunion avec Netanyahou, que le retrait israélien au-delà de la « ligne jaune » n’aurait lieu qu’après l’achèvement du désarmement, estimant que cela répondait aux engagements pris par le Hamas auprès des médiateurs.
Cette position diffère d’une précédente déclaration de Nikolaï Mladenov, qui avait affirmé que le retrait israélien devait strictement accompagner le processus de désarmement.
Vendredi, le Hamas avait annoncé son accord pour remettre ses armes dans le cadre du plan de paix du président américain pour Gaza, tandis que le « Conseil pour la paix » publiait une feuille de route prévoyant un désarmement progressif en échange d’un retrait israélien graduel. Israël, de son côté, exige que le désarmement soit totalement vérifiable avant tout retrait.
