Le retrait du représentant américain à l’ONU après des critiques françaises
Le représentant américain a quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Ukraine, après des critiques du diplomate français visant Washington.
L'essentiel
AILors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Ukraine, le représentant des États-Unis a quitté la salle de façon inattendue, au moment où l’ambassadeur français prenait la parole pour dénoncer des propos américains et rappeler des critiques françaises ayant comparé les États-Unis à la Corée du Nord et à la Russie dans le contexte d’un vote sur les droits de l’homme.
Ce geste intervient après un échange de critiques entre la France et les États-Unis, membres permanents du Conseil de sécurité, en début de semaine. Paris avait reproché à Washington de s’être joint à la Russie, à la Corée du Nord et à sept autres pays pour voter contre la prolongation de quatre ans du mandat de Volker Türk comme Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.
Le retrait américain illustre non seulement la montée des tensions entre le président Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron, mais aussi un climat plus tendu entre les États-Unis et l’Europe. Ces tensions portent notamment sur l’engagement de Trump envers l’OTAN, d’éventuels changements dans le déploiement des forces américaines en Europe, et la volonté affichée de Trump de contrôler le Groenland, territoire du Danemark, membre de l’Alliance atlantique.
Le président américain s’était auparavant plaint que les Européens, non consultés, n’avaient pas aidé les États-Unis lors du conflit avec l’Iran. Dans ce contexte, Emmanuel Macron a pris l’initiative de renforcer les capacités militaires européennes et d’assurer une protection nucléaire, la France étant, avec le Royaume-Uni, l’une des deux puissances nucléaires du continent.
Il a affirmé que les États-Unis avaient toujours soutenu la France chaque fois que sa « liberté était menacée », acceptant ses prises de position politiques « par solidarité et respect mutuel », mais que cela ne serait plus le cas à l’avenir.
Réagissant à l’incident, la mission française auprès de l’ONU a publié sur X : « Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l’homme… Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils se retrouvent isolés aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie, et le monde ne les écoute plus. »
La mission française a également critiqué l’opposition américaine à l’octroi d’un second mandat au Haut-Commissaire aux droits de l’homme. L’Assemblée générale a approuvé la reconduction de Türk par 144 voix contre 10, avec 13 abstentions ; les États-Unis figuraient parmi les opposants.
Plus tard, une source diplomatique française a déclaré : « La position de la France est connue : nous avons soutenu la reconduction du Haut-Commissaire, comme tous les membres de l’Union européenne et la grande majorité des États membres de l’ONU. Cela n’empêche pas un dialogue étroit avec les États-Unis. Une divergence sur une procédure de vote ne remet pas en cause la qualité de notre relation ni notre capacité à travailler ensemble. »
