Iran accélère la reconstruction de ses sites militaires malgré les frappes
Selon le Wall Street Journal, l’Iran rebâtit rapidement ses infrastructures militaires endommagées par les frappes américaines et israéliennes, d’après des images satellites et des sources occidentales.
L'essentiel
AILe Wall Street Journal révèle que l’Iran a entamé la reconstruction de ses installations militaires et de ses infrastructures endommagées par les frappes américaines et israéliennes à un rythme plus rapide que prévu, selon des images satellites et des déclarations de responsables israéliens et occidentaux.
Le quotidien précise que ces travaux concernent des bases de missiles creusées dans la montagne, des ponts, des ports et des sites de production. Cette rapidité inquiète des responsables israéliens quant à l’efficacité de la campagne aérienne, qui aurait, selon le rapport, mené plus de 20 000 frappes au plus fort du conflit, tandis que les opérations se poursuivent le long des côtes iraniennes.
Les images satellites dévoilent les détails de la reconstruction
Des clichés pris par Planet Labs et Airbus montrent la réouverture d’entrées de tunnels près de la ville de Kangavar, dans l’ouest de l’Iran, quelques semaines après leur ciblage, ainsi que la création de nouvelles routes et des travaux de terrassement pour remettre en service une base de missiles visée par les raids. Le journal rapporte également, citant un responsable militaire israélien, que l’Iran a réparé un pont bombardé en quelques jours seulement. Des images récentes attestent aussi de la reconstruction d’un chantier naval au port de Bandar Anzali, lié aux Gardiens de la révolution.
Dans le même temps, Ran Kochav, ancien chef de la défense aérienne et antimissile israélienne, estime que la rapidité de la reconstruction illustre les capacités industrielles de l’Iran, rappelant que Téhéran avait déjà rebâti une grande partie de ses infrastructures et reconstitué son arsenal de missiles après la guerre de 12 jours l’an dernier.
Des évaluations divergentes sur les résultats de la campagne militaire
Malgré l’ampleur des dégâts, le journal souligne que la cadence de la reconstruction contraste avec les déclarations du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui affirmaient que la campagne avait porté un coup décisif aux capacités militaires et nucléaires de l’Iran. De son côté, la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, assure que l’opération a détruit une grande partie des capacités de production et de missiles iraniennes et affaibli sa marine, qualifiant l’opération de « grande victoire ».
Le rapport ajoute que l’armée américaine a poursuivi ses frappes pour le douzième jour consécutif, visant des sites de missiles, des drones, des centres de commandement et des infrastructures militaires, dans le but d’affaiblir l’influence iranienne dans le détroit d’Ormuz. Toutefois, le journal note que l’Iran continue de mener des attaques contre des navires et de tirer des missiles sur les alliés des États-Unis dans la région.
Capacités balistiques iraniennes et perspectives
Le journal cite l’analyste Tal Inbar, selon qui les rapports sur l’épuisement du stock de missiles iranien sont inexacts, affirmant que Téhéran conserve des capacités balistiques opérationnelles. Des responsables militaires israéliens expriment leur frustration face aux résultats de la campagne, estimant que l’Iran a déjà commencé à rebâtir la plupart des sites visés et que le ciblage des entrées de tunnels dans les bases de missiles n’a pas détruit les installations profondes ni les armes stockées à l’intérieur.
Des images satellites montrent des travaux de réhabilitation dans des bases de missiles à Dezfoul et au nord de Kermanshah, ainsi que la reconstruction de bâtiments au sein du complexe Raja Shimi Industries près de Téhéran, soupçonné de produire des composants de missiles.
Pour sa part, Jim Lamson, chercheur au King's College de Londres et ancien analyste de la CIA, estime que la reconstruction de certaines installations spécialisées pourrait prendre des mois ou des années, mais il juge probable que l’Iran ait stocké des composants stratégiques dans des sites souterrains, ce qui lui permettrait de relancer rapidement la production de missiles et de drones.
Renseignement israélien : l’Iran déterminé à restaurer ses capacités
Le Wall Street Journal conclut que les services de renseignement israéliens pensent que l’Iran aurait déplacé des milliers de centrifugeuses dans des tunnels creusés sous la montagne de Piekaks, renforçant ainsi sa capacité à reconstruire son programme nucléaire. Le journal souligne que Téhéran semble déterminé à restaurer ses capacités militaires, quel qu’en soit le coût ou la durée.
