Guterres, premier secrétaire général de l’ONU à visiter la Syrie depuis la guerre
Antonio Guterres effectue une visite historique à Damas, la première d’un secrétaire général de l’ONU depuis le début du conflit syrien en 2011.
L'essentiel
AILe secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est arrivé en Syrie ce samedi, effectuant la première visite d’un chef de l’ONU en exercice depuis le début de la guerre syrienne il y a près de 14 ans, un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes.
Cette visite intervient après la destitution du président Bachar al-Assad à la fin de l’année 2024, marquant le début d’une transition politique menée par les islamistes. Guterres avait qualifié la fin du régime Assad de signe d’espoir pour la région.
Guterres doit rencontrer le président syrien Ahmed Charâa, ancien chef de la branche syrienne d’Al-Qaïda, qui était sous sanctions onusiennes jusqu’en novembre 2025. Il s’entretiendra également avec le ministre des Affaires étrangères Assad al-Cheibani, des responsables gouvernementaux et des représentants de la société civile.
Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que Guterres insistera lors de ses rencontres sur l’importance pour la Syrie de saisir l’opportunité de se relever du conflit et de bâtir un avenir plus stable, prospère et inclusif pour tous les Syriens. La visite devrait durer plusieurs jours, sans que le programme complet n’ait été communiqué.
La Syrie de retour sur la scène internationale
Le gouvernement de Charâa cherche à reconstruire les relations internationales et l’économie syriennes après des années de guerre et d’isolement. La période de transition a été marquée par des violences confessionnelles ayant coûté la vie à environ 1 500 Alaouites et à des centaines de Druzes, poussant Guterres à réclamer que les responsables de ces exactions soient traduits en justice.
Charâa avait rompu avec Al-Qaïda en 2016 et pris la tête de la coalition islamiste qui a renversé Assad en décembre 2024. Son gouvernement œuvre désormais à élargir les relations diplomatiques de la Syrie au-delà de la Russie et de l’Iran.
L’an dernier, Charâa a participé aux réunions de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, devenant le premier président syrien à le faire depuis 1967. Les États-Unis ont levé la plupart de leurs sanctions globales contre la Syrie, et le président américain Donald Trump a informé Charâa de son intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme.
Guterres doit prononcer un discours lundi devant la nouvelle Assemblée du peuple syrienne et visiter la force de maintien de la paix onusienne qui supervise la zone tampon entre les forces israéliennes et syriennes. Après la chute d’Assad, l’armée israélienne a pris le contrôle de nouveaux territoires dans le sud de la Syrie, tandis que Damas réclame leur retrait et un retour à l’accord de désengagement de 1974.
