Aller au contenu
lundi 7 septembre 2026 · Riyad
العربيةEnglishNewsletterContact
Monde

Débat à l’ONU pour choisir le successeur de Guterres en pleine crise financière

Six candidats ont débattu à l’Assemblée générale de l’ONU pour succéder à António Guterres, sur fond de crise financière et de défiance envers l’organisation.

AJEL Françaisil y a 45 jours · 3 min de lecture
Débat des candidats à l’ONU pour la succession de Guterres

L'essentiel

AI

La course à la succession du secrétaire général de l’ONU est entrée dans une phase décisive avec le débat des six candidats dans la salle de l’Assemblée générale, sur fond de grave crise financière, de recul de la confiance envers l’organisation et de pressions croissantes de l’administration du président américain Donald Trump. Le Conseil de sécurité se prépare à un premier vote indicatif pour désigner le successeur d’António Guterres.

La salle de l’Assemblée générale a accueilli un débat entre les six candidats : la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne María Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricienne Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall. Pendant 90 minutes, les candidats ont répondu aux questions de diplomates, de fonctionnaires onusiens et de représentants de la société civile, sans qu’aucun favori ne se détache nettement à ce stade.

La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a souligné que « ce débat offre une occasion rare de découvrir les idées, priorités et visions des candidats pour l’un des postes les plus importants au monde ». Elle a insisté sur le fait que « l’ONU a besoin d’un leadership exceptionnel, capable d’adapter l’organisation aux défis du XXIe siècle et de défendre avec force sa Charte et ses trois piliers : paix et sécurité, droits humains et développement ».

L’ONU fait l’objet de critiques de l’administration Trump concernant ses dépenses et la dispersion de ses missions. Washington réclame que l’organisation se concentre sur la paix et la sécurité, tandis que d’autres pays soulignent l’importance de l’ensemble de ses piliers. Les membres permanents du Conseil de sécurité, dont les États-Unis, disposent d’un droit de veto lors du processus de sélection, poussant les candidats à ménager les exigences américaines et les lignes rouges des autres États.

L’analyste Richard Gowan, du groupe International Crisis Group, estime que la course de cette année manque d’élan par rapport à 2016, les candidats cherchant à éviter de froisser les grandes puissances. Les candidats ont déjà été soumis à de longues auditions devant les représentants des États membres, lors desquelles ils ont souligné l’importance des réformes et du rôle du secrétaire général dans la promotion de la paix.

Le Conseil de sécurité doit organiser le 30 juillet un premier vote indicatif secret sur le candidat jugé le plus apte. D’autres tours suivront jusqu’à ce que l’un d’eux obtienne neuf voix sans opposition des membres permanents, avant que son nom ne soit soumis à l’Assemblée générale pour nomination officielle. Le nouveau secrétaire général prendra ses fonctions en janvier 2027.

De nombreux diplomates n’ont pas encore arrêté leur choix. Selon Gowan, Rafael Grossi apparaît comme l’un des favoris, mais la compétition reste ouverte avec d’autres candidats comme Grynspan et Rodrigues-Birkett. Des surprises restent possibles, d’autant que d’autres noms circulent, tel celui de Gianni Infantino, dont la presse rapporte que Trump souhaiterait la candidature.

À noter que les pays d’Amérique latine réclament que l’un de leurs ressortissants accède au poste cette fois-ci, tandis que plusieurs États appellent à voir une femme occuper la fonction pour la première fois, conformément à la tradition non contraignante de rotation géographique.

Commentaires (0)