Les recettes budgétaires syriennes doublent mais le déficit s'aggrave
Les recettes de la Syrie ont bondi de 111 % au premier semestre 2026, mais la hausse des dépenses creuse le déficit à un milliard de dollars.
L'essentiel
AILes recettes du budget général syrien ont doublé au premier semestre 2026, portées par une amélioration du recouvrement douanier et l'arrivée des revenus pétroliers et gaziers dans les caisses de l'État. Toutefois, l'accélération des dépenses a creusé le déficit public à près d'un milliard de dollars.
Selon le rapport de performance financière publié par le ministère syrien des Finances, les recettes publiques ont atteint 2,7 milliards de dollars sur les six premiers mois, soit une hausse de 111 % par rapport à la même période de 2025, tandis que les dépenses ont bondi de 331 % pour s'établir à 3,7 milliards de dollars.
Les recettes réalisées représentent 31 % des prévisions budgétaires annuelles, contre 35 % pour les dépenses exécutées.
Les droits de douane se sont hissés au premier rang des sources de revenus avec 1,08 milliard de dollars, soit 40 % du total, suivis par les revenus des investissements publics (763 millions de dollars), les recettes du pétrole et du gaz (601 millions de dollars), puis les impôts et taxes (252 millions de dollars).
Le ministère syrien des Finances prévoit une poursuite de cette dynamique au second semestre, grâce à l'afflux de nouveaux revenus pétroliers et à la collecte de ressources supplémentaires.
De son côté, le Fonds monétaire international a anticipé dans un rapport publié en août une hausse des recettes syriennes en 2026, soutenue par une meilleure collecte fiscale et douanière, les revenus du pétrole et du gaz, ainsi que des ressources exceptionnelles telles que les licences de télécommunications et les droits de transit du carburant.
Le FMI a souligné l'importance de poursuivre des politiques budgétaires prudentes et de renforcer la mobilisation des recettes, notamment face à l'inflation et à la hausse des prix des importations.
Hausse des dépenses et aggravation du déficit
Les dépenses publiques annuelles ont bondi de 331 % pour atteindre 3,7 milliards de dollars, sous l'effet de la hausse des salaires et des dépenses courantes, ainsi que des pressions liées aux tensions régionales et à l'augmentation des prix à l'importation.
Les salaires, traitements et indemnités ont absorbé 1,34 milliard de dollars, suivis par les dépenses administratives (1,03 milliard de dollars), les dépenses d'investissement (1,02 milliard de dollars) et les dépenses de soutien et de protection sociale (315 millions de dollars).
Le budget a enregistré un déficit de 1,005 milliard de dollars au premier semestre, soit 56 % du déficit prévu pour l'ensemble de l'année.
Le ministère des Finances a précisé avoir financé ce déficit par des emprunts d'investissement à court terme remboursables sur un an.
Prévisions de croissance et évolutions économiques
Le gouvernement syrien table sur une croissance économique supérieure à 11 % en 2026, portée par la reprise de la production agricole, pétrolière et gazière, la disponibilité de l'électricité, le développement du commerce et des services, ainsi que le retour des déplacés.
Ces prévisions rejoignent celles du FMI, qui table sur une croissance de plus de 10 % malgré la persistance des pressions inflationnistes.
Dans le contexte des évolutions économiques, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme et radié Hayat Tahrir al-Cham de leur liste de sanctions, une mesure qualifiée d'historique par les autorités syriennes, qui y voient un pas vers une meilleure intégration au système financier mondial et un soutien à l'attractivité des investissements et des technologies.
