Forte baisse du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz sur fond de tensions Iran–États-Unis
Le passage des navires dans le détroit d'Ormuz a chuté à quatre jeudi, contre une moyenne de 15, sur fond de tensions croissantes entre l'Iran et les États-Unis.
L'essentiel
AISelon des données préliminaires publiées vendredi, seulement quatre navires transportant des matières premières ont traversé le détroit d'Ormuz jeudi, contre neuf la veille, bien en deçà de la moyenne des dix derniers jours, qui s'établissait à environ 15 navires.
D'après la société Kpler, les navires ayant franchi le détroit jusqu'à 04h55 GMT comprenaient deux pétroliers de taille moyenne, un vraquier de type Kamsarmax et un navire de type Handy Size. Ce chiffre pourrait évoluer, certaines embarcations désactivant leurs transpondeurs durant la traversée.
Ces statistiques n'incluent pas les navires ayant pu franchir le détroit en coupant leur système d'identification automatique afin d'échapper à la surveillance. Parallèlement, les prix du pétrole s'orientaient vendredi vers leur plus forte hausse hebdomadaire depuis la mi-juillet, sur fond de regain de tensions et de combats entre les États-Unis et l'Iran, alimentant les craintes sur la sécurité des approvisionnements au Moyen-Orient.
Les données de Kpler montrent que seules deux très grandes unités de transport de brut ont franchi le détroit cette semaine. Avant le déclenchement du conflit avec l'Iran le 28 février, environ 125 grands navires commerciaux, dont des pétroliers, méthaniers, vraquiers et porte-conteneurs, traversaient quotidiennement le détroit, représentant un cinquième de l'approvisionnement mondial quotidien en pétrole brut et gaz naturel liquéfié.
Le blocus américain sur le transport maritime lié à l'Iran a entraîné l'arrêt des exportations de brut iranien depuis le rétablissement des sanctions à la mi-juillet. Claudio Galimberti, économiste en chef chez Rystad Energy, a indiqué que les volumes quotidiens observés d'exportations de pétrole et de produits pétroliers durant le conflit variaient entre quatre et six millions de barils par jour, à l'exception d'une brève hausse lors d'un accord temporaire entre l'Iran et les États-Unis.
Lors d'un sommet de l'énergie à Singapour, Galimberti a ajouté que les points d'accord entre les deux pays restaient rares et qu'il anticipait une poursuite du recul des flux jusqu'en novembre, en raison du coût économique persistant des perturbations.
Dans le détroit de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge, les données de Kpler indiquent que 22 navires de commerce ont transité jeudi, contre 31 la veille et une moyenne de 24 sur dix jours.
