Aramco : 3 milliards de barils perdus sur les marchés depuis la guerre iranienne
Le PDG d’Aramco, Amin Nasser, alerte sur une perte inédite de 3 milliards de barils d’approvisionnement depuis le début de la crise liée à la guerre iranienne.
L'essentiel
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Amin Nasser, président-directeur général d’Aramco, a révélé que les marchés de l’énergie ont perdu environ 3 milliards de barils d’approvisionnement depuis le début de la crise liée à la guerre iranienne, qualifiant cet impact d’inédit et avertissant que les marchés étaient entrés dans la crise avec des stocks de pétrole insuffisants.
Dans un entretien accordé à « Al Arabiya Business », Nasser a précisé que les prix du pétrole auraient pu atteindre des niveaux encore plus élevés durant la crise, soulignant que l’oléoduc « Est-Ouest » avait contribué à limiter cette hausse. Il prévoit une augmentation de la demande pétrolière de 3 millions de barils par jour après la fin de la crise, portée par la reprise de la consommation et la reconstitution des stocks.
Pour faire face aux perturbations de l’approvisionnement, Nasser a indiqué qu’Aramco travaille à porter la capacité de l’oléoduc « Est-Ouest » à 10 millions de barils par jour, tout en menant des études d’ingénierie sur de nouveaux itinéraires d’exportation du pétrole.
Il a précisé que la société dispose de trois voies d’exportation : le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb et Sidi Kerir, et qu’elle s’efforce de doubler ses capacités de stockage hors du Royaume, notamment en Asie.
Concernant la gestion de la crise, Nasser a affirmé que 90 % des matériaux nécessaires à l’entreprise pendant cette période étaient fabriqués localement, ajoutant que les équipes commencent à évaluer les dégâts et à acheminer les matériaux de réparation avant même l’extinction des incendies.
Nasser a salué ce qu’il a qualifié de rôle héroïque des équipes de l’entreprise durant la crise, en référence aux efforts déployés pour gérer les dommages et rétablir la capacité opérationnelle.
Sur le dossier du gaz, Nasser a indiqué qu’Aramco vise une augmentation de 80 % de sa production de gaz entre 2021 et 2030, assurant qu’aucun retard n’est à signaler dans l’achèvement de la deuxième phase du projet Jafoura, prévue pour 2027.
Il a ajouté que la société construit actuellement un troisième réseau gazier et étudie la création d’un quatrième, précisant que l’exportation de gaz dépendra d’abord de la satisfaction des besoins du Royaume.
Sur le plan technologique et de l’innovation, Nasser a affirmé qu’Aramco détient le plus grand nombre de brevets parmi les compagnies énergétiques, et que la valeur générée par la technologie au cours des deux dernières années a atteint 11,3 milliards de dollars.
Il a ajouté que le coût de production d’un baril de pétrole chez Aramco est resté stable à 3 dollars depuis des décennies, attribuant cela au rôle de la technologie dans l’amélioration de l’efficacité de la production.
