L’Arabie saoudite parmi les dix premiers investisseurs mondiaux en IA
Un rapport de la Banque mondiale classe l’Arabie saoudite dans le top 10 mondial des investissements en intelligence artificielle, fruit de la Vision 2030.
L'essentiel
AILe Rapport sur le développement dans le monde 2026 de la Banque mondiale, intitulé « La promesse de l’intelligence artificielle », met en avant la position avancée de l’Arabie saoudite sur la scène mondiale de l’IA. Le Royaume figure en effet parmi les dix premiers pays au monde en matière d’investissements privés dans le secteur, se distinguant également comme un pôle attractif pour les talents et un modèle d’intégration des données gouvernementales.
Cette présence internationale reflète les résultats du soutien et de l’impulsion donnés par la direction du Royaume, à travers la Vision 2030, qui vise à bâtir une économie fondée sur les données, l’informatique et l’innovation, consolidant ainsi la place du pays dans l’avenir de l’intelligence artificielle.
Le rapport, publié récemment, constitue la première évaluation complète de la Banque mondiale sur l’impact de l’IA dans les économies en développement, les opportunités offertes aux individus, entreprises et gouvernements, ainsi que les conditions nécessaires pour maximiser ses retombées et gérer ses risques.
Le document s’articule autour de trois axes principaux : les capacités de l’IA à élargir l’accès à l’expertise et à soutenir la prise de décision ; la concentration de la production de modèles avancés, de puces et de centres de données dans un nombre limité de pays et d’entreprises ; et les facteurs complémentaires tels que l’infrastructure, les données, les compétences et les institutions.
À travers ces axes, le rapport propose une trajectoire progressive, allant de l’adoption des outils existants à leur adaptation aux langues, données, institutions et besoins locaux, jusqu’au développement de technologies avancées et de leurs infrastructures.
Le rapport souligne que la valorisation de l’IA ne dépend pas uniquement de la possession des modèles les plus puissants, mais aussi de la construction d’un écosystème interconnecté réunissant connectivité, informatique, données, compétences et institutions. Il précise que des solutions adaptées au contexte local permettent d’élargir l’accès à l’expertise, d’augmenter la productivité, d’améliorer les services publics et de soutenir la croissance économique.
Concernant la concentration des infrastructures avancées et des investissements en IA, le rapport indique que le Royaume combine incitations fiscales et zones économiques spéciales pour attirer les investissements dans les centres de données et renforcer ses capacités informatiques. Cette stratégie nationale associe l’attraction de capitaux au développement d’un écosystème englobant talents, start-up, énergie et infrastructures nécessaires à la croissance des applications d’IA.
Cette dynamique s’inscrit dans la forte croissance de l’infrastructure numérique saoudienne : la capacité des centres de données est passée de 68 mégawatts en 2021 à 440 mégawatts en 2025, puis à 467 mégawatts au premier trimestre 2026, soit une hausse de plus de 6 % depuis le début de l’année et près de sept fois plus qu’en 2021. La couverture des réseaux 4G et 5G a atteint 99 % fin 2025, avec une vitesse Internet moyenne de 216 mégabits par seconde, des atouts qui favorisent l’essor du cloud et des applications d’IA.
Sur le plan des compétences, le rapport met en avant la capacité du Royaume à attirer des experts spécialisés. En 2025, l’Arabie saoudite figurait parmi les économies ayant enregistré le plus fort solde net d’arrivées de professionnels de l’IA pour 10 000 membres sur LinkedIn, aux côtés du Luxembourg, de l’Australie et de la Suisse. Le Royaume a également affiché un solde net de 3,08 parmi les principaux auteurs et innovateurs en IA la même année, illustrant l’attractivité croissante de l’écosystème technologique saoudien.
Ce dynamisme s’accompagne d’une expansion de la base nationale de compétences : la main-d’œuvre technique du Royaume a atteint environ 426 000 personnes, soit une croissance cumulée de 186,6 % par rapport à 2018 (150 000 personnes). La part des femmes dans les métiers des télécommunications et des technologies de l’information a grimpé à 35 %, renforçant la diversité des talents et la base de compétences soutenant l’économie numérique et innovante.
En matière de facteurs complémentaires, le rapport cite l’expérience saoudienne comme modèle de construction d’une infrastructure publique de données. La plateforme gérée par l’Autorité saoudienne des données et de l’intelligence artificielle (SDAIA) permet l’intégration des données de plus de 60 entités gouvernementales tout en conservant les données dans leurs systèmes respectifs. Le rapport considère cette expérience comme un exemple de partage organisé des données, permettant aux institutions de développer des applications plus efficaces et renforçant la gouvernance, la confiance et la protection des données.
Cette avancée s’inscrit dans le cadre de progrès plus larges dans l’économie numérique : sa contribution au PIB a atteint 16 %, tandis que le marché des télécommunications et des technologies de l’information a atteint 199 milliards de riyals saoudiens en 2025. Le Royaume s’est également classé deuxième mondial dans l’indice de maturité du gouvernement numérique 2025 publié par la Banque mondiale.
La préparation du rapport reflète la participation du Royaume aux discussions internationales sur les politiques de l’IA : le comité consultatif de haut niveau comprenait le ministre saoudien des Communications et des Technologies de l’information, Abdallah ben Amer al-Swaha, et l’équipe du rapport a bénéficié de séances de consultation avec le Centre saoudien de compétitivité et d’affaires, le centre de connaissances commun entre la Banque mondiale et le Royaume, ainsi que d’autres entités nationales publiques, privées et de recherche ayant partagé leur expertise en données, communications, informatique et innovation.
La publication du rapport coïncide avec la décision du Conseil des ministres, présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, lors de la séance du 10 mars 2026, de proclamer 2026 « Année de l’intelligence artificielle » en Arabie saoudite, soulignant l’engagement national envers les technologies d’avenir, leur rôle dans le développement, l’innovation et la compétitivité.
Le rapport de la Banque mondiale confirme que le Royaume poursuit une stratégie intégrée à l’ère de l’intelligence, combinant investissements dans l’infrastructure, l’informatique et les données, développement des compétences, construction d’un environnement réglementaire et élargissement de l’impact technologique sur l’économie et les services, consolidant ainsi sa position de centre mondial des données et de l’IA, en phase avec les objectifs de la Vision 2030.
