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jeudi 20 août 2026 · Riyad
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Économie

La dette publique américaine franchit les 40 000 milliards de dollars

La dette publique américaine dépasse pour la première fois 40 000 milliards de dollars, sur fond de hausse des coûts d’emprunt et d’inquiétudes économiques.

AJEL Françaisil y a 1 heure · 3 min de lecture
Graphique de la dette publique américaine en hausse

L'essentiel

AI

La dette publique américaine a franchi pour la première fois le seuil des 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi par le département du Trésor, dans un contexte de hausse des coûts d’emprunt.

La dette du Trésor américain s’est élevée à 40 047 milliards de dollars après l’émission mardi d’obligations à court terme, conséquence de l’augmentation des emprunts liés à la santé, à la sécurité sociale et à la hausse des paiements d’intérêts.

Cette progression est plus rapide que prévu par le Bureau du budget du Congrès, qui estimait la dette à 39 400 milliards de dollars à la fin de l’exercice en cours. Cette évolution intervient sur fond de craintes liées à l’inflation provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie, ce qui a entraîné une augmentation inédite des coûts d’emprunt depuis plusieurs années.

Mardi, les rendements des obligations américaines à long terme (30 ans) ont atteint leur plus haut niveau depuis 2007, poussant l’État à accroître ses dépenses pour refinancer sa dette à des taux plus élevés, aggravant ainsi l’endettement. Le Trésor a annoncé mercredi un programme élargi de rachat d’obligations à long terme à partir de septembre, ce qui a contribué à apaiser les taux d’intérêt et à rassurer les investisseurs.

Jessica Riedl, chercheuse en finances publiques à la Brookings Institution, a estimé que le rythme du déficit fédéral n’est pas soutenable. La dette américaine a plus que doublé depuis la crise de 2008, atteignant environ 125 % du produit intérieur brut. Le déficit actuel se situe entre 7 et 8 % du PIB, contre des inquiétudes précédentes à 3 ou 4 %, ce qui accroît la nervosité des marchés financiers.

Le sénateur démocrate Mark Kelly a rappelé que l’ancien président Donald Trump avait promis de rembourser la dette lors de son premier mandat, mais l’a laissée à 40 000 milliards de dollars. De son côté, le sénateur républicain Rick Scott a appelé le Congrès à maîtriser les dépenses et à équilibrer le budget. Le secrétaire au Trésor Scott Besant avait pour objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB, mais celui-ci s’est récemment aggravé en raison du remboursement par les entreprises de droits de douane annulés par la Cour suprême en février, de la hausse des dépenses militaires, notamment à cause de la guerre avec l’Iran, et des baisses d’impôts qui ont réduit les recettes du Trésor.

Les analystes soulignent qu’il n’existe pas de seuil précis d’endettement par rapport au PIB qui déclencherait automatiquement une crise, mais que la part de la dette détenue par le public est l’indicateur le plus significatif sur le plan économique. Riedl estime que ces signaux psychologiques constituent un avertissement pour les marchés financiers. Caleb Quakenbush, directeur de la politique budgétaire au Bipartisan Policy Center, rappelle que les emprunts fédéraux ont augmenté lors de la crise financière de 2007 à 2009, puis à nouveau pendant la pandémie de Covid-19, sans réponse durable du Congrès ou des administrations américaines, ce qui pourrait entraîner de graves problèmes en cas de nouvelle crise.

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