L'ONU alerte : plus de trois millions de nouveaux cas de sida d'ici 2030
Un rapport de l'ONU prévient qu'un manque de financement pourrait entraîner plus de trois millions de nouvelles infections au sida d'ici la fin de la décennie.
L'essentiel
AIUn récent rapport du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida avertit que plus de trois millions de personnes pourraient contracter le sida d'ici la fin de la décennie, en raison d'une forte baisse du financement mondial et du risque de résurgence de l'épidémie face à l'inégalité d'accès aux médicaments préventifs innovants.
Selon le Centre d'information des Nations unies, le rapport souligne que les outils nécessaires pour contenir la crise existent, des médicaments préventifs innovants aux interventions menées par les communautés locales, mais que le financement durable reste le maillon manquant. Cette alerte intervient alors que s'ouvre la 26e Conférence internationale sur le sida à Rio de Janeiro, du 27 au 31 juillet.
Le rapport précise que l'élargissement du déficit de financement pousse les pays à réduire les services essentiels et à fermer des organisations communautaires, mettant en garde contre un retour de l'épidémie si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Le document note également que le monde connaît une révolution dans la prévention du VIH, avec une nouvelle génération de médicaments offrant une protection comparable à celle des vaccins. Toutefois, il avertit que la hausse des prix et la protection par des brevets détenus par des laboratoires pharmaceutiques pourraient empêcher l'accès de millions de personnes à ces traitements.
Le rapport cite le cas du Brésil, pays hôte de la conférence, qui illustre ce paradoxe : bien que le pays ait contribué aux essais cliniques ayant permis la mise sur le marché du lenacapavir, il a été exclu de la liste des pays autorisés à produire des versions génériques à bas coût. Ce médicament à action prolongée, administré en deux injections annuelles, prévient l'infection par le VIH dans près de 100 % des cas selon les dernières études.
Le rapport onusien rappelle que, malgré la baisse des nouvelles infections et des décès liés au sida à leur plus bas niveau depuis plus de trente ans, la réponse mondiale demeure fragile. En 2025, les nouvelles infections ont augmenté dans trois régions et 21 pays, tandis que le financement international pour la lutte contre le VIH a chuté de plus de 1,5 milliard de dollars entre 2024 et 2025, soit une baisse de 18 %, atteignant son niveau le plus bas depuis près de vingt ans.
Le rapport ajoute que l'aide au développement mondiale a reculé de 23 % en 2025, soit la plus forte baisse annuelle jamais enregistrée, les programmes de santé, y compris les initiatives contre le sida, figurant parmi les plus touchés.
