Cinq récits patrimoniaux retracent l’histoire millénaire d’AlUla
Les sites archéologiques d’AlUla racontent cinq histoires révélant son rôle de carrefour historique et culturel du nord-ouest de l’Arabie saoudite.
L'essentiel
AICinq récits patrimoniaux mettent en lumière les différentes facettes de l’histoire prestigieuse de la province d’AlUla, où vestiges archéologiques et diversité culturelle témoignent de la succession des civilisations dans le nord-ouest de la péninsule Arabique. AlUla abrite des traces d’occupation humaine remontant à 200 000 ans et des établissements datant de plus de 7 000 ans, faisant de la région un carrefour des civilisations et des routes commerciales à travers les âges.
La première histoire débute sur le site de Hégra, où les tombeaux nabatéens taillés dans la roche illustrent l’évolution de l’architecture et de la sculpture, ainsi que l’ouverture de la région aux civilisations du monde antique. Hégra est le premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et compte environ 141 tombeaux, dont 93 ornés, reflétant la diversité des influences architecturales égyptiennes, mésopotamiennes, grecques et romaines, réinterprétées dans un style nabatéen unique.
La deuxième histoire conduit à Dadan et Lihyan, où AlUla a vu émerger, au premier millénaire avant notre ère, les royaumes de Dadan et Lihyan, réputés pour leur urbanisme, leur architecture et leurs inscriptions. Les statues en grès, dont certaines dépassent la taille humaine, témoignent d’un savoir-faire artistique avancé et de traditions locales profondément enracinées, comme en attestent les tombes aux lions et les statues probablement attribuées aux rois lihyanites.
La troisième histoire évoque la route de l’encens, qui reliait de vastes régions du monde antique et dont AlUla constituait l’une des principales étapes. Les caravanes chargées d’encens, d’épices et de bijoux traversaient la région, favorisant les échanges de marchandises, de cultures et d’idées. Des vestiges archéologiques et artistiques témoignent de cette interaction, et le musée de la route de l’encens permet de découvrir cet héritage.
La quatrième histoire met en avant la place du chameau dans la vie d’AlUla et sur les anciennes routes commerciales. Sa domestication a entraîné d’importantes mutations sociales et économiques. Les gravures rupestres et découvertes archéologiques illustrent le rôle du chameau dans le transport des marchandises et des voyageurs, ainsi que sa valeur symbolique pour les sociétés locales.
La cinquième histoire mène à la Tantora, au cœur de la vieille ville d’AlUla, une construction en pierre traditionnelle utilisée pour repérer les saisons grâce à l’ombre du soleil. Les habitants s’en servaient pour organiser le calendrier agricole et déterminer les périodes de récolte hivernale, notamment du blé et de l’orge.
Le projet « Voyage à travers le temps » pour le développement d’AlUla
Dans ce contexte, le plan « Voyage à travers le temps », supervisé par la Commission royale pour AlUla, vise à développer et valoriser les sites archéologiques ainsi que les oasis naturelles et culturelles. Le projet prévoit la création de cinq pôles culturels d’ici 2035, comprenant l’oasis de la vieille ville, l’oasis de Dadan, l’oasis de Jabal Ikmah, l’oasis nabatéenne et la cité antique de Hégra, avec musées, expositions, infrastructures culturelles et expériences d’hébergement reflétant l’identité de la région.
