L’usage excessif du smartphone nuit à la mémoire
Des études récentes révèlent que la dépendance aux smartphones favorise l’oubli numérique, l’appareil remplaçant la mémoire humaine pour stocker les informations.
L'essentiel
AIDes études récentes mettent en garde contre l’usage excessif des smartphones, qui pourrait modifier la façon dont nous utilisons notre mémoire, un phénomène appelé « amnésie numérique », selon le quotidien britannique The Guardian. Les appareils deviennent ainsi un espace de stockage externe, remplaçant la mémoire humaine.
Le smartphone fait désormais office de « mémoire supplémentaire » pour des millions de personnes, conservant numéros, rendez-vous, listes de tâches et informations quotidiennes, réduisant ainsi la nécessité de mémoriser les détails comme auparavant.
Pour les psychologues, ce changement ne signifie pas forcément une baisse des capacités cérébrales, mais traduit une évolution dans la gestion de l’information : l’humain préfère désormais consulter ses appareils plutôt que de stocker les données dans sa mémoire.
Les études scientifiques indiquent que les smartphones ne provoquent pas une perte de mémoire irréversible, mais que leur usage exclusif peut limiter l’exercice de certaines compétences cognitives comme la mémorisation et le rappel, qui nécessitent un entraînement régulier pour rester performantes.
Une étude publiée en 2011 dans la revue Science, intitulée « Les effets de Google sur la mémoire », menée par des chercheurs des universités de Columbia et Harvard, a montré que les participants retenaient moins les informations lorsqu’ils savaient qu’ils pourraient les retrouver en ligne, mais se souvenaient mieux de l’endroit où les trouver.
Les chercheurs soulignent que recourir à des outils externes pour se souvenir n’est pas nouveau, mais que les smartphones, accessibles en permanence et contenant une grande quantité d’informations personnelles, s’apparentent à une « mémoire supplémentaire » qui accompagne l’individu partout.
L’impact des applications de navigation sur la mémoire spatiale
Une étude parue dans Scientific Reports montre que l’usage fréquent de systèmes de navigation numériques comme Google Maps pourrait réduire l’utilisation de certaines compétences naturelles d’orientation. Les personnes dépendant davantage au GPS obtenaient de moins bons résultats dans certaines tâches de navigation lorsqu’elles devaient se fier uniquement à leur mémoire.
Dans le même esprit, les recherches de la neuroscientifique britannique Eleanor Maguire sur les chauffeurs de taxi londoniens ont révélé que l’entraînement intensif à la navigation s’accompagne de modifications de l’hippocampe, confirmant que le cerveau évolue selon les compétences sollicitées régulièrement.
Le risque des notifications et de la distraction
L’influence des smartphones ne se limite pas au stockage de l’information : la manière dont ils sont utilisés compte aussi. Les notifications incessantes et la navigation rapide entre applications peuvent disperser l’attention et nuire à la capacité de concentration, une étape clé pour former des souvenirs durables.
