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Les khouboub de Buraïda, mémoire vivante du lien entre l’homme et la terre en Al-Qassim

Les khouboub de Buraïda incarnent la mémoire du territoire en Al-Qassim, témoignant d’une histoire agricole et humaine avant l’urbanisation moderne.

AJEL Françaisil y a 1 heure · 3 min de lecture
Paysage agricole traditionnel des khouboub à Buraïda, Al-Qassim

L'essentiel

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Les khouboub de Buraïda comptent parmi les principaux repères de la mémoire environnementale et sociale de la région d’Al-Qassim. Nées entre les dunes de sable, les points d’eau et les terres agricoles, elles ont, au fil des générations, constitué un élément essentiel du lien entre l’homme et sa terre. Ces dépressions naturelles sont devenues des espaces propices à l’agriculture et à la sédentarisation, accueillant fermes, puits et habitations, autour desquels se sont formées des communautés avant l’arrivée de l’urbanisation, qui a transformé le visage de plusieurs d’entre elles. Leurs noms demeurent cependant les témoins de l’histoire et des mutations du lieu.

Le terme « khouboub », pluriel de « khabb », désigne localement ces dépressions situées entre les dunes, dont la nature géographique et la présence d’eau ont favorisé l’installation humaine et agricole. Les habitants utilisaient les puits, appelés localement « qalban », pour l’irrigation et la consommation. Le palmier-dattier dominait le paysage agricole, aux côtés des céréales, légumes et fourrages.

Stabilité et activité économique

La disponibilité de l’eau et des terres cultivables a permis l’établissement de foyers dans les khouboub, où maisons, fermes, puits et mosquées formaient le socle de la vie quotidienne. Le rythme de vie était dicté par les saisons d’irrigation, de culture, de récolte et de cueillette des dattes. Les relations de voisinage et d’entraide structuraient la vie sociale, faisant des khouboub des espaces de vie, de travail et de solidarité.

Les khouboub ont joué un rôle central dans l’économie de Buraïda et de ses environs, leurs productions agricoles alimentant le commerce et reliant les zones de production aux marchés, illustrant l’importance de l’agriculture dans l’histoire économique de la ville.

L’importance de la mémoire locale

Le professeur d’histoire à l’Université d’Al-Qassim, Dr. Souleiman Al-Atni, souligne que les khouboub de Buraïda constituent une part essentielle de la mémoire historique, sociale et économique de la ville. Il précise que leur étude dépasse la simple géographie pour explorer la relation entre l’homme, la terre et l’eau, et la manière dont les ressources ont permis l’émergence de communautés stables et productives, contribuant à la croissance et à la prospérité de la ville.

Al-Atni note que la configuration des khouboub favorisait la collecte des eaux de pluie et la rétention de l’humidité du sol, conditions idéales pour l’agriculture et la sédentarisation. Il insiste sur le rôle central du palmier-dattier, qui a permis de forger un savoir-faire agricole transmis de génération en génération et d’ancrer un mode de vie étroitement lié à la terre et à l’eau.

Mutations urbaines et préservation du patrimoine

Le Royaume a connu un développement des infrastructures, des services et des techniques agricoles, ainsi qu’une expansion urbaine à Buraïda, entraînant l’intégration de plusieurs khouboub dans le tissu urbain et leur transformation en quartiers ou en installations modernes. Al-Atni insiste sur la nécessité de documenter la mémoire des khouboub, leurs noms, limites, fermes, puits, mosquées et chemins, ainsi que de préserver les récits, photos et documents qui leur sont liés, en tant que composantes du patrimoine culturel et historique de la ville.

Entre les khouboub d’autrefois, animées autour du puits, de la ferme et du palmier, et les sites actuels gagnés par l’urbanisation, les noms perpétuent l’histoire de Buraïda, gardant la mémoire du lien entre l’homme, la terre et l’eau, et préservant un pan de l’évolution agricole, sociale et urbaine de la région d’Al-Qassim.

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