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samedi 15 août 2026 · Riyad
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Arabie saoudite

Les Noirs dans la civilisation islamique : une traduction française éclaire leur rôle

La Bibliothèque du roi Abdulaziz à Riyad publie la version française de l’ouvrage du Dr Rachid al-Khayoun sur l’apport des Noirs à la civilisation islamique.

AJEL Françaisil y a 1 heure · 4 min de lecture
Couverture du livre sur les Noirs dans la civilisation islamique

L'essentiel

AI

La Bibliothèque du roi Abdulaziz à Riyad a publié l’édition française du livre du chercheur Dr Rachid al-Khayoun, intitulé « L’apport des Noirs à la civilisation islamique ». L’ouvrage propose des portraits et des biographies de musulmans noirs à travers les différentes époques islamiques, mettant en lumière leur contribution essentielle à la construction de la civilisation islamique dans les sciences, les arts, la littérature et la culture générale. Le livre se concentre sur la période allant des débuts de l’islam jusqu’à la fin de l’ère abbasside à Bagdad (656H/1258), et offre une étude approfondie de l’esclavage dans diverses civilisations, ainsi que des détails sur la fin de l’esclavage et le commerce des esclaves blancs et noirs en Europe et dans les pays islamiques.

L’importance de cet ouvrage, qui compte 403 pages dans son édition française, réside dans sa tentative de documenter de façon exhaustive les rôles humains joués par les Noirs, à l’égal des autres, en tant que membres actifs de la civilisation islamique. Il retrace l’évolution des relations marquées par la sensibilité entre couleur de peau et esclavage, notamment après l’époque des califes bien guidés.

Le livre s’appuie sur des sources documentées pour mettre en valeur les rôles majeurs joués par les Noirs à travers les différentes périodes historiques dans tous les domaines : sciences, littérature, poésie, pouvoir, arts, etc. L’auteur s’est fondé sur 210 sources et références anciennes et modernes.

La Bibliothèque du roi Abdulaziz avait publié la première édition arabe de ce livre en 2015, avant de le traduire en anglais, version parue en novembre 2023.

Différence, non supériorité :

La diversité des couleurs de peau, telle que décrite dans le Coran, est présentée comme une réalité profonde de la relation entre les êtres humains. Cette différence n’implique aucune supériorité d’une couleur sur une autre ; elle est mise sur le même plan que la diversité des langues. Ces différences sont ainsi considérées comme des signes divins invitant à la réflexion et à la connaissance.

La première partie, intitulée « De l’esclavage et de la condition des esclaves », comprend quatre chapitres. Le premier présente les sources traitant des Noirs, qu’elles leur soient entièrement consacrées ou plus générales.

Le deuxième chapitre étudie la situation des Noirs et de l’esclavage avant l’islam, depuis l’époque babylonienne, en passant par les civilisations romaine et grecque, jusqu’aux périodes européennes plus récentes et aux mouvements pour l’abolition de l’esclavage et du commerce des esclaves. Le troisième chapitre se concentre sur l’esclavage et le traitement des Noirs spécifiquement dans l’islam.

Le quatrième chapitre aborde les révoltes et mouvements sociaux, notamment les trois soulèvements des Noirs à Bassora à différentes époques : les deux premiers au cours du premier siècle de l’hégire, le troisième au milieu du troisième siècle de l’hégire.

Figures noires :

Les six chapitres de la deuxième partie, intitulée « Figures noires et leurs biographies », constituent la matière principale du livre, présentant les parcours et biographies de grandes figures musulmanes noires. Les lecteurs découvrent ainsi le rôle de chacun dans son domaine, selon une organisation chronologique.

En retraçant le contexte général lié à la condition des Noirs dans les sociétés à majorité blanche, l’auteur esquisse l’évolution historique de ce système, qu’il concerne les esclaves blancs ou noirs. Il en conclut l’importance majeure du rôle de l’islam en matière d’enseignements et de législation, qui a devancé les autres systèmes ayant tenté d’instrumentaliser les relations d’esclavage, à l’exception de l’époque moderne.

Le lecteur découvre des rôles, des personnalités et des modèles humains variés et remarquables dans leur domaine, dont beaucoup n’avaient pas été identifiés comme étant d’origine noire. L’auteur souligne l’importance de leurs efforts pour surmonter le sentiment d’asservissement et de différence afin d’atteindre ces positions élevées.

Au fil des chapitres de la seconde partie, l’auteur recense de nombreuses figures issues des périodes prophétique, des califes bien guidés et abbasside, parmi lesquelles : Oussama ibn Zayd, Bilal ibn Rabah, Wahshi ibn Harb al-Habachi, Mahja’ affranchi d’Omar ibn al-Khattab, Shuqran al-Habachi, Mak’houl al-Shami, Saïd ibn Jubayr, Amr ibn al-As, Abdallah ibn Khazim al-Sulami, et d’autres. Parmi les poètes : Sulayk ibn al-Salaka, Khafaf ibn Nadba, Abda ibn al-Tayyib, Suhaym l’esclave des Bani al-Hassas, Nasib ibn Rabah, et d’autres.

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