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samedi 12 septembre 2026 · Riyad
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Arabie saoudite

La perte de savoir nuit à la compétitivité des sociétés de production

Le chercheur Ryad ben Nasser Al-Freiji souligne l'importance pour les sociétés de production de conserver la connaissance acquise après chaque projet.

AJEL Françaisil y a 55 min · 3 min de lecture
Ryad ben Nasser Al-Freiji évoque la gestion du savoir en production

L'essentiel

AI

Le chercheur et spécialiste des médias et de la communication, Dr Ryad ben Nasser Al-Freiji, estime que les sociétés de production audiovisuelle disposent d'une opportunité majeure : transformer chaque projet réalisé en un « capital de connaissances » qui demeure au sein de l'entreprise. Il souligne que la fin d'un projet devrait marquer le début d'une nouvelle phase d'apprentissage et de développement, et non la fin de l'expérience acquise lors de sa réalisation.

Al-Freiji explique : « La valeur d’un projet médiatique ne réside pas uniquement dans le produit livré, mais aussi dans la connaissance qui reste en interne après la clôture du projet. Chaque projet génère des savoirs sur le public, les méthodes de travail, les talents, les coûts, les idées, les décisions qui ont réussi et celles qui auraient pu être meilleures. »

Il précise que la nature même du secteur, fondée sur les projets, rend la préservation des connaissances d’autant plus cruciale : les équipes changent, les clients et partenaires se multiplient, les outils et technologies évoluent rapidement. Sans mécanismes pour conserver et transmettre l’expérience, une société risque de repartir presque de zéro à chaque nouveau projet.

Il ajoute : « Deux sociétés peuvent réaliser le même nombre de projets, mais la différence fondamentale réside dans celle qui, au dixième projet, aura gagné en savoir, en compétence et en maturité par rapport à la première expérience. »

Selon Al-Freiji, les sociétés de production peuvent bâtir ce capital en adoptant, après chaque projet, une démarche simple et structurée, répondant à des questions telles que : Qu’avons-nous appris ? Qu’a dit le public ? Qu’est-ce qui a fonctionné ? Où avons-nous rencontré des difficultés ? Quelles connaissances l’équipe a-t-elle acquises ? Que devrions-nous faire différemment la prochaine fois ?

Il précise que cette approche s’inscrit dans le prolongement de son étude sur « la planification stratégique des contenus audiovisuels et son lien avec l’avantage concurrentiel des sociétés de production saoudiennes », menée auprès de dirigeants de 50 sociétés de production et de 400 partenaires du secteur.

L’étude a notamment révélé, parmi les défis de gestion, la tendance de certaines sociétés à « se contenter d’achever la tâche et de clore le projet ». Or, selon Al-Freiji, les évolutions du secteur rendent indispensable de dépasser cette logique, en considérant le projet non seulement comme un produit à livrer, mais aussi comme une source de savoir et d’apprentissage organisationnel.

Il affirme : « Le marché peut acheter la technologie, recruter des talents et développer des outils de production ; mais l’expérience accumulée au sein d’une entreprise ne s’achète ni ne se copie facilement. C’est là que la connaissance peut devenir un véritable avantage concurrentiel. »

Il ajoute que la valorisation des connaissances issues des projets ne nécessite pas forcément des systèmes complexes : il suffit parfois de documenter les leçons apprises, d’analyser les réactions du public, de conserver les solutions et pratiques efficaces, de revoir les décisions après coup et de partager ce savoir avec les équipes qui travailleront sur les projets suivants.

Il insiste sur le fait que l’accumulation des connaissances prend une importance accrue face à l’accélération des mutations dans l’industrie des médias, car la capacité d’une entreprise à apprendre de ses expériences lui offre une plus grande flexibilité pour développer ses produits et s’adapter aux évolutions du marché et du public.

Al-Freiji conclut : « Après chaque projet médiatique, il y a une question à ajouter à celle de savoir ce qui a été accompli : qu’a appris et que sait désormais faire l’entreprise, qu’elle ne savait pas ou ne pouvait pas faire avant ce projet ? »

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