Nouveau cadre pour les pouvoirs d’arrestation et de saisie en matière de corruption
L’Arabie saoudite publie une nouvelle réglementation précisant les pouvoirs de l’Autorité de contrôle et de lutte contre la corruption dans les affaires de corruption.
L'essentiel
AILe Journal officiel « Oum Al-Qoura » a publié un règlement définissant les pouvoirs de l’Autorité de contrôle et de lutte contre la corruption dans l’application du Code de procédure pénale, de son règlement d’exécution et du statut du ministère public. Cette mesure vise à organiser la manière dont l’Autorité exerce ses compétences en matière d’enquête et de poursuite dans les affaires de corruption, en précisant les pouvoirs et procédures détaillés à chaque étape de l’enquête, de l’instruction et du procès.
Le règlement comprend quatre chapitres et 21 articles. Il précise les attributions du président de l’Autorité, de l’unité d’enquête et de poursuite, des chefs de sections et de branches, des enquêteurs, des procureurs et des officiers de police judiciaire, conformément au Code de procédure pénale et au statut du ministère public.
Application du Code de procédure pénale aux affaires de corruption
Le texte confirme que l’Autorité applique l’ensemble des dispositions du Code de procédure pénale et de son règlement d’exécution, ainsi que celles du statut de l’Autorité, à toutes les étapes de l’enquête, de l’instruction et du procès dans les affaires de corruption. Les pouvoirs conférés aux officiers de police judiciaire, enquêteurs et procureurs sont maintenus, à l’exception de ceux relatifs au contrôle et à l’inspection des prisons.
Le président de l’Autorité se voit également accorder les pouvoirs du procureur général prévus par le Code de procédure pénale, à l’exception de ce qui est stipulé à l’article 112 du Code.
Supervision directe des officiers de police judiciaire
Le règlement place les officiers de police judiciaire impliqués dans les affaires de corruption sous la supervision de l’unité d’enquête et de poursuite, qui peut demander des comptes à tout officier défaillant ou négligent, voire engager une procédure disciplinaire à son encontre, sans préjudice d’éventuelles poursuites pénales si nécessaire.
Organisation des demandes de récusation des enquêteurs
Le règlement précise l’autorité compétente pour examiner les demandes de récusation d’un enquêteur : le chef de section ou de branche décide de l’acceptation ou du rejet de la demande, conformément aux règles en vigueur.
Pouvoir de délivrer des mandats de perquisition
La délivrance des mandats de perquisition dans les affaires de corruption relève du chef de section ou de branche, selon les cas, conformément au Code de procédure pénale.
Saisie des avoirs et comptes bancaires
Le règlement confère au chef de section ou de branche le pouvoir d’adresser des demandes de saisie et de blocage des avoirs et comptes bancaires auprès des établissements bancaires, ainsi que d’en obtenir des informations durant l’enquête, par l’intermédiaire de la Banque centrale saoudienne.
Ces mesures constituent des outils essentiels pour tracer et préserver les fonds liés aux infractions de corruption jusqu’à la fin des investigations.
Organisation de la clôture des dossiers
Le règlement organise également la procédure de classement des dossiers : la décision de classement est prise par le vice-président de l’unité d’enquête et de poursuite, ou son délégué, sur recommandation de l’enquêteur.
Audition de témoins hors ressort
Le texte autorise l’enquêteur, après accord préalable, à entendre lui-même des témoins en dehors de son ressort territorial, afin d’accélérer la procédure d’enquête si nécessaire.
Désignation d’un enquêteur suppléant en cas d’empêchement
Si l’enquêteur compétent ne peut interroger un suspect détenu, la direction de la section ou de la branche désigne un autre enquêteur pour poursuivre la procédure, afin d’éviter tout retard dans l’affaire.
Ordres de restitution des objets saisis
Le chef de section ou de branche peut ordonner la restitution d’objets détenus par toute personne s’ils sont liés à l’infraction faisant l’objet de l’enquête, ou autoriser l’enquêteur à les examiner.
Droit de recours et d’opposition
Le règlement encadre les recours contre certaines décisions d’enquête, y compris contre les ordonnances de placement en détention ou leur prolongation, et précise les autorités compétentes selon l’auteur de la décision.
Prolongation de la détention jusqu’à 40 jours
Le chef de section ou de branche peut ordonner la prolongation de la détention du suspect pour une ou plusieurs périodes successives, sans dépasser un total de 40 jours à compter de l’arrestation.
Si l’intérêt de l’enquête exige une détention plus longue, la décision revient au président de l’Autorité, qui peut déléguer ce pouvoir au chef de l’unité d’enquête et de poursuite.
Validation des libérations et du classement sans suite
Le règlement précise que la validation des ordres de libération des détenus et des décisions de classement sans suite relève du chef de section ou de branche. Pour les infractions graves, la validation du président de l’Autorité est requise avant l’exécution, avec possibilité de délégation au chef d’unité.
Responsabilité des membres de l’unité d’enquête
Le règlement ne se limite pas à l’enquête sur les suspects, mais prévoit aussi la responsabilité disciplinaire des membres de l’unité d’enquête. Le chef de section ou de branche peut adresser un avertissement à tout membre manquant à ses obligations, lequel peut faire appel et demander une enquête. Une commission statue sur le recours et une procédure disciplinaire peut être engagée en cas de récidive ou de persistance de la faute.
Un cadre procédural unifié
Ce règlement constitue un cadre procédural unifié pour l’exercice des compétences de l’Autorité de contrôle et de lutte contre la corruption en matière d’enquête et de poursuite des infractions de corruption, en précisant les responsabilités internes, les modalités d’émission des ordres, les voies de recours et les pouvoirs relatifs à la détention, la perquisition et la saisie des avoirs, afin d’assurer la clarté et l’harmonisation des procédures conformément au droit en vigueur dans le Royaume.
