Le Conseil ministériel du Golfe condamne les attaques houthies contre l’Arabie saoudite
Réuni à Manama, le Conseil ministériel du CCG a fermement dénoncé les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite et les agressions iraniennes dans la région.
L'essentiel
AILe Conseil ministériel du Conseil de coopération des États arabes du Golfe a tenu sa 168e session dimanche 18 octobre 2026 à Manama, au Bahreïn, sous la présidence du Dr Abdelatif ben Rached al-Zayani, ministre bahreïni des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil, en présence des ministres des Affaires étrangères des pays membres et du secrétaire général du CCG, Jassem al-Budaiwi. Le Conseil a examiné les évolutions préoccupantes dans la région et a adopté les décisions suivantes :
1. Attaques houthies contre l’Arabie saoudite
Le Conseil condamne avec la plus grande fermeté les attaques continues menées par la milice terroriste houthie contre l’Arabie saoudite, notamment les tentatives visant les deux saintes mosquées et leurs environs, ainsi que les attaques contre des aéroports civils et des infrastructures vitales, qui ont fait des morts et des blessés parmi les civils, en violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire. Il adresse ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Le Conseil réaffirme la solidarité totale des États membres avec l’Arabie saoudite, leur unité à ses côtés et leur soutien à toutes les mesures prises pour préserver sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts. Il souligne que la sécurité des pays du CCG est indivisible et que toute attaque contre un État membre constitue une agression directe contre l’ensemble du Conseil, conformément à l’accord de défense commune. Les États membres réaffirment leur droit inhérent à la défense individuelle et collective, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leurs citoyens, résidents, souveraineté, sécurité, stabilité et intérêts.
Le Conseil appelle à la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant le Yémen et la rébellion houthie, notamment la résolution 2216 (2015) adoptée au titre du chapitre VII de la Charte, et la résolution 2722 (2024) sur les attaques contre les navires en mer Rouge. Il demande à l’ONU et à la communauté internationale de garantir l’application stricte de l’embargo sur les armes à destination des Houthis, et exhorte le Conseil de sécurité, en particulier ses membres permanents, à assumer leurs responsabilités pour préserver la paix et la sécurité internationales, faire respecter ses décisions et traiter la liberté de navigation maritime et aérienne comme un intérêt commun ne souffrant aucune sélectivité.
Le Conseil ministériel appelle également à classer la milice houthie comme organisation terroriste et à la traiter comme les autres groupes terroristes menaçant la sécurité, la paix, le développement et la prospérité. Il demande la cessation de tout soutien permettant aux Houthis d’acquérir des missiles et des drones.
Le Conseil salue la déclaration présidentielle adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 15 octobre 2026, qui condamne les attaques houthies répétées et leur escalade contre l’Arabie saoudite, y compris contre les installations d’Aramco, et réaffirme le droit du Royaume à se défendre conformément au droit international. Il condamne également les attaques et menaces contre la navigation commerciale en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, insiste sur l’application stricte de l’embargo sur les armes prévu par la résolution 2216 (2015), salue les efforts du Bahreïn en tant que membre du Conseil de sécurité, et souligne la nécessité de mettre pleinement en œuvre cette déclaration.
Les États membres réaffirment leur attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République du Yémen, et soutiennent les efforts visant à parvenir à une solution politique à la crise yéménite par le dialogue et la concertation, conformément aux trois références (les conclusions du dialogue national yéménite, l’initiative du Golfe et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité), afin de répondre aux aspirations du peuple yéménite à la paix, la sécurité et la stabilité.
2. Attaques iraniennes contre les États du Conseil
Le Conseil ministériel condamne la poursuite des attaques iraniennes par missiles et drones contre les États du Conseil de coopération et la Jordanie, directement ou via leurs relais dans la région. Ces attaques ont visé des installations civiles, des sites de services, des zones résidentielles et des missions diplomatiques, causant d’importants dégâts matériels et menaçant la sécurité des citoyens et des résidents.
Le Conseil tient l’Iran pour pleinement responsable de ces attaques et de leurs conséquences, rejette catégoriquement toutes les justifications avancées par Téhéran, et exige l’arrêt immédiat et inconditionnel de toutes les agressions, provocations et menaces, ainsi que le respect intégral de la résolution 2817 (2026) du Conseil de sécurité. Il appelle le Conseil de sécurité et la communauté internationale à prendre les mesures nécessaires pour garantir l’application de cette résolution, à poursuivre les responsables de ces attaques et à contraindre l’Iran à réparer intégralement les dommages, conformément à la résolution 61/1 (2026) du Conseil des droits de l’homme.
Le Conseil rappelle que les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que la mer Rouge, sont des voies maritimes vitales non seulement pour la région mais aussi pour l’économie mondiale. Garantir leur sécurité et la liberté de navigation est une responsabilité internationale partagée. Toute fermeture, entrave à la navigation, attaque contre des navires commerciaux ou leurs équipages, pose de mines, ou imposition de taxes ou restrictions illégales constitue une menace pour la paix et la sécurité mondiales, et expose l’approvisionnement en énergie, en nourriture, en médicaments et le commerce international à de graves risques. Le Conseil rejette toute tentative de soumettre le droit de passage à une autorisation préalable ou à des itinéraires imposés, en violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 et du droit international coutumier. Il appelle l’Organisation maritime internationale à poursuivre ses efforts pour garantir la sécurité de la navigation et la protection des marins. Il insiste sur la nécessité de rétablir la sécurité et la liberté de navigation, et de revenir à la situation antérieure au 28 février 2026 dans le détroit d’Ormuz, conformément au droit international, à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, à l’accord de délimitation maritime et du plateau continental signé le 25 juillet 1974 entre Oman et l’Iran, et au respect de la souveraineté des États riverains et des droits des parties concernées.
Le Conseil ministériel appelle à un retour au dialogue et à la diplomatie pour surmonter la crise actuelle, préserver la sécurité, la stabilité et la sûreté des peuples de la région. Il exprime son soutien aux efforts de médiation et aux initiatives diplomatiques des pays de la région et de la communauté internationale pour parvenir à une solution politique évitant une escalade des tensions et l’instabilité, ce qui ne servirait ni la région ni le monde. Il souligne que tout accord doit traiter l’ensemble des questions en suspens, y compris le dossier nucléaire iranien, le programme balistique, les drones et le soutien aux relais régionaux, sur la base du respect de la souveraineté, du bon voisinage et de la non-ingérence dans les affaires intérieures, avec la participation des États du Conseil à toute négociation ou arrangement affectant leur sécurité et leurs intérêts.
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