Le croissant lunaire et les Pléiades marquent le début du « safri » en Arabie saoudite
Le rapprochement du croissant de Lune et des Pléiades a annoncé le début du « safri », saison traditionnelle signalant la fin de l’été en Arabie saoudite.
L'essentiel
AILe ciel de l’Arabie saoudite a offert, la nuit dernière, un spectacle astronomique remarquable avec le rapprochement du croissant lunaire et de l’amas stellaire des Pléiades, un phénomène connu dans la tradition arabe sous le nom de « Qurân 21 ». Cet événement figure parmi les repères temporels utilisés par les Arabes anciens pour anticiper le changement des saisons, les périodes de culture et les conditions météorologiques.
Cette année, le « Qurân 21 » a coïncidé avec le 21 Rabia al-Awwal 1448 de l’Hégire, soit le 3 septembre 2026, marquant dans le calendrier populaire la fin de l’été et le début de la saison dite du « safri ». Cette période est associée à une baisse progressive de la chaleur, à des nuits plus tempérées et à l’approche de l’automne.
La saison du safri dans la tradition populaire
Mohammed Anad Al-Huzaymi, membre du club d’astronomie, explique que le « Qurân 21 » marque le début du safri dans la tradition populaire, une saison qui s’étend sur environ quatre semaines. Durant cette période, les nuits s’allongent progressivement tandis que les journées raccourcissent, jusqu’à l’équinoxe d’automne.
Al-Huzaymi ajoute que les anciens Arabes résumaient cette étape par l’expression : « En septembre, marche sans t’arrêter », soulignant ainsi la diminution de la chaleur et l’amélioration du climat, notamment la nuit. Il précise que les Bédouins associaient l’arrivée du safri à la fraîcheur du sol nocturne et à leur préparation progressive aux saisons plus tempérées.
Changements climatiques et repères saisonniers
Al-Huzaymi indique que cette période se caractérise par un contraste entre la chaleur diurne et la douceur nocturne, coïncidant avec la maturation de certains fruits comme la grenade, ainsi qu’avec l’intensification des migrations d’oiseaux, notamment des rapaces, lors de leurs déplacements saisonniers.
Il souligne que les Bédouins et les agriculteurs accordent une attention particulière à cette phase de transition, qui les prépare à la baisse des températures à venir. Il précise également que le prochain « Qurân 19 » marquera une nouvelle étape dans la succession des saisons et l’approche de la saison des pluies, dite « wasm ».
Les conjonctions célestes dans la tradition arabe
Al-Huzaymi rappelle que la conjonction de la Lune et des Pléiades est un phénomène astronomique qui a toujours suscité l’intérêt des Arabes, lesquels associaient l’observation des étoiles et des phases lunaires à l’alternance des saisons, aux changements climatiques et aux calendriers agricoles et pastoraux. Ce patrimoine demeure vivant chez les passionnés d’astronomie populaire, tout en soulignant la nécessité de distinguer entre les interprétations traditionnelles de ces conjonctions et l’explication scientifique des phénomènes astronomiques et climatiques.
